Comment mieux gérer les injustices qu’on subit, et les détourner en opportunités

Il fut un temps où je me plaignais souvent des « injustices » qui m’arrivaient.

Quelquefois, j’étais vraiment à plaindre, comme le jour où mon cousin m’avait accusé à tort d’avoir détruit son château de sable, il y a bientôt 17 ans (oui, ça remonte à très longtemps mais ça m’est resté en travers de la gorge ;)).

Et quelquefois, je voulais me passer pour une victime. Entre nous, c’est souvent dur d’assumer ses responsabilités. Je repense à la fois où je me suis mal préparé pour un entretien. J’ai tout simplement rejeté la faute sur un soi-disant favoritisme.

Même durant mon adolescence, j’avais beaucoup de difficultés à ne pas blâmer les autres pour ce qui m’arrivait.

Ce n’était pas ma faute si j’étais tout le temps en colère. Du moins, c’est ce que je pensais !

Jusqu’au jour où j’ai découvert ces deux phrases dans un livre de développement personnel:

« On ne peut pas créer un changement positif à partir d’un état d’esprit négatif. Pour accéder à votre pouvoir personnel, vous devez arrêter de vous percevoir comme une victime des autres et des situations. »

" Victime "

C’est comme si on m’avait lavé les yeux avec de l’eau bénie.

Maintenant, ce qui est curieux, c’est que même si vous avez lu et pris conscience de ces deux phrases si vraies, vous ne pouvez pas vous débarrasser de cette « habitude de se plaindre », si vous ne savez pas gérer vos réactions émotionnelles. Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’on possède tous une réaction biologique/instinctive face à l’injustice. Les scientifiques l’ont prouvé : la justice est ancrée en nous.

Par exemple, si vous voyez une scène de justice (comme un pickpocket qui se fait prendre la main dans le sac par une personne), eh bien la « zone de récompense » de votre cerveau s’active. Dans le cas contraire, si vous remarquez une injustice, c’est votre amygdale qui s’active (Non, pas celle dans votre gorge, mais plutôt la partie primitive de votre cerveau qui gère la peur et la colère. Et qui accessoirement, porte le même nom :)).

Ce petit cours d’anatomie nous montre que lorsqu’on est traité d’une manière injuste, on passe instinctivement en mode « fuite » ou en mode « combat ». Et d’autre part, si on recherche la justice, devinez quoi ? On est aussi motivé par un intérêt personnel. On reconnaît inconsciemment que ça nous procure une sorte de récompense.

Première conclusion : vous aurez toujours des réactions biologiques instantanées par rapport à une situation injuste. C’est ce qui diminue votre capacité à rester rationnel et proactif !

Mais avant de passer aux méthodes pour gérer cette réaction naturelle face à l’injustice, essayons de nous rappeler une vérité universelle.

« Ce n’est pas juste ! »

Vous aurez toujours l’occasion de dire cette phrase. C’est le genre de réponse « tout terrain » qui s’adapte à tous les maux de la vie :

–  On m’a refusé mon augmentation mais on l’a accordé à untel, ce n’est pas juste.
–  Elle m’a posé un lapin, ce n’est pas juste.
–  La pauvreté et la souffrance existent encore, ce n’est pas juste.

En dépit de nos frustrations, peu importe si elles sont légitimes ou pas, il y a une vérité qui demeure : la vie n’a pas été faite pour être équitable.

Si c’était le cas, on aurait tous le même destin !

Que vous soyez une personne qui travaille dur pour s’améliorer, ou une personne qui passe sa journée devant la tv, eh bien vous récolteriez les mêmes fruits.

Je ne sais pas si ça vous inspire, mais pour ma part, je ne supporterais pas une telle… « injustice » !

On a tous choisi la vie qu’on a

Inconsciemment ou consciemment, nos choix nous ont conduits exactement là où on est en ce moment. Qu’il s’agisse du choix de votre conjoint(e), de votre job, ou de vos amis, vous restez le seul pilote à bord.

Ne vous blâmez surtout pas si vous êtes déçu de quelque chose. Reconnaissez sereinement que vos choix se sont accumulés pour créer la trajectoire qu’a prise votre vie. Et que c’est votre devoir de vous prendre en main ; Maintenant !

–  Vous vouliez le succès ? Maintenant vous devez gérer les défis et les obstacles pour l’atteindre.
–  Vous vouliez fonder une famille ? Maintenant vous avez les responsabilités (et les moments de bonheur) d’une vie de famille.
–  Vous avez prononcé certains mots ? Vous ne pouvez pas les ravaler.

Le faux bénéfice des complaintes

Je crois que nous sommes tous nés en tant que ronchonneurs professionnels :-).

On est tellement habitués à se plaindre qu’on ne réalise plus à quel point on le fait souvent.

D’après vous, pourquoi est-ce qu’on adore se plaindre ? Tout simplement parce qu’on pense qu’on se fait du bien lorsqu’on râle. Tout à fait entre nous, ne vous sentez-vous pas un petit peu mieux (au tout début) lorsque vous râlez ?

C’est parce qu’on pense qu’on évacue le stress. Mais c’est bien le contraire qui se passe.

Le temps ? Les embouteillages ? La file d’attente ? On n’a aucun contrôle sur ces choses. Vous n’avez même pas de réel pouvoir sur les gens qui vous agacent.

J’ai remarqué que les personnes qui arrivent à bien gérer et à dépasser les « injustices » de la vie possèdent 4 traits en commun :

–  Ils stoppent leur réaction émotionnelle en vol, avant que ça ne se dégénère en « ruminations »
–  Ils pensent de manière rationnelle avant d’agir
–  Ils savent faire la différence entre les choses qu’ils peuvent contrôler et celles qu’ils ne peuvent absolument pas contrôler
–  Ils savent détourner leurs complaintes en opportunités

Stopper les « ruminations » mentales

Les ruminations n’ont pour objectif que de vous pomper votre énergie, amplifier vos émotions négatives, et garder votre attention sur les problèmes.

C’était mon plus gros problème, et peut-être aussi le vôtre ?

Si c’est le cas, reconnaissez-le quand vous êtes pris au piège dans une spirale de pensées négatives (de blâme, de condamnation, de critique, etc.). Ensuite, essayez de visualiser un gros panneau « STOP » tout en rouge dans votre tête. Enfin, répétez ce genre d’affirmation :

« Ce n’est pas productif. La situation est telle qu’elle est. Comment est-ce que je peux me prendre en mains ; Maintenant ! ».

Penser de manière rationnelle avant d’agir

Reconnaissez que notre réaction naturelle est simplement ce qu’elle est, et que vous pouvez choisir consciemment de ne pas se laisser dicter par elle !

Selon les psychologues, votre cerveau gauche (siège de la raison) essayera toujours de justifier vos actes si vous réagissez d’une manière violente par rapport à une situation. Vous pourriez vous dire : « C’est ce qu’il fallait que je fasse. Cette personne l’a méritée ! ».

Cela vous semble familier ?

On pourrait pourtant agir plus efficacement si on laissait notre cerveau gauche penser en premier. Et ça cher lecteur(trice), c’est un travail sur soi, un entraînement volontaire.

Identifier ce qu’on peut contrôler, et agir dessus

Vous ne pourrez jamais changer les injustices que vous avez subies par le passé. Vous ne pouvez que changer la façon dont vous les percevez, au jour d’aujourd’hui.

Vous ne pourrez jamais changer le comportement ou l’attitude d’une personne bornée, mais vous pouvez changer la façon dont vous réagissez par rapport à la situation.

Vous ne pouvez pas changer le fait que l’injustice reste, et restera sur terre, mais vous pouvez apporter votre soutien aux œuvres qui agissent pour le bien des Hommes (ou mieux, commencer par incarner le changement via vos propres actes).

On reste des humains, mais ce qui est important, c’est d’essayer de surpasser les mauvais moments dans notre vie. C’est de ne jamais nous laisser contrôler par les choses qu’on ne contrôle pas !

Maintenant, si je vous disais qu’il existe une manière instantanée de transformer ses  jérémiades en opportunités, seriez-vous preneur ?

" Injustice "

Détourner ses plaintes en opportunités

Je vais vous parler de cette méthode en vous racontant l’histoire d’une amie qui était tout le temps contrariée par son mari. Et pas de temps en temps. Tous les matins !

En fait, elle se sentait frustrée car son mari laissait toujours des bouts de toasts autour de la table de la cuisine (il adore les toasts grillés).

Comme elle se levait toujours plus tard que lui, la première chose qu’elle constatait autour de la table de la cuisine, c’était les miettes qui traînaient partout. Bon, je ne suis pas aussi maniaque qu’elle, mais c’est vrai que c’est énervant de commencer sa journée en voyant une cuisine assaillie par une « légion » de miettes de pain.

Bref, elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi il ne les ramassait pas.

Et, ce qui est amusant c’est qu’un jour, on ne sait pas comment, elle eut un moment d’illumination : Elle s’est dite que ces miettes de pain étaient tout simplement le signe que son mari était vivant.

Intéressant.

Donc, quand elle se levait le matin, et qu’elle voyait des morceaux de toasts qui lui narguaient au visage, ça voulait dire que son mari est toujours dans sa vie.

Le sentiment d’amour et de gratitude éjecte le sentiment de frustration.

Elle se disait que si ces morceaux n’étaient plus là, ça lui rappellerait que son mari n’est plus dans sa vie.

Même si cette histoire est amusante car elle a fini par persuader son mari de ramasser ses bouts de toasts, cette façon de détourner sa vision des choses est très intéressante. C’est simple et efficace. Un simple « changement d’attention » en somme.

Une frustration s’est transformée comme par magie en appréciation, en réconfort, en amour !

Devenir une personne qui surmonte le stress, la douleur, et la fatigue venant d’une injustice

« Comment puis-je faire du monde un endroit meilleur par mes actes et par mes choix ? »

Je trouve que répondre à cette question, c’est une façon plus intelligente et plus noble d’utiliser son temps. Se plaindre sur ce qui manque ou sur ce qui doit changer dans le monde ne va rien apporter.

Alors, détournez les injustices en opportunités, voulez-vous ?

8 Responses to Comment mieux gérer les injustices qu’on subit, et les détourner en opportunités

  1. CLAIRE octobre 9, 2017 at 3:32 #

    pUIS-JE VOUS DEMANDER VOTRE AVIS SUR UNE INJUSTICE QU’A DU SUBIR MON AMIE .

  2. Sylvie octobre 8, 2017 at 10:42 #

    Bonjour, je suis orpheline de mes 2 parents depuis 30 ans j‘en ai 53 aujourd’hui et vis seule à l‘etranger Dans l‘immeuble Familiale de mon copain avec qui je suis depuis 8 ans. Depuis 5 jours hospitalisé, pas 1 seule visite de ses parents, sœurs, enfants (30 et 25. ans) et pas 1 appel. On me dit FORTE et donc pas besoin de signes extérieurs de soutiens ? Que feriez vous à ma place ? Cette situation de REJET est très difficile à vivre sans réveiller l‘envie de détester ces personnes et de ne plus les cotoyer sachant aussi que ces mêmes personnes me sollicitent quand elle ont besoin de moi. Merci de m‘aidef Dans mes retranchement amères.
    Sylvie

  3. Alan octobre 28, 2016 at 8:57 #

    Bonjour,

    Ceci n’est pas un forum, mais c’est un article sur l’injustice et je me dis que peut être j’aurai une réponse qui m’aidera dans la suite de ma vie :

    J’ai été victime d’un accident il y a trois ans maintenant et je lutte pour m’en sortir le mieux possible ! J’étais un jeune ingénieur en informatique de 24 ans, sportif (humblement : je me débrouillais bien), avec un (des) cercle(s) d’amis fournis ! Bref, une vie qui démarrait bien !

    Sauf que deux mois avant mes 25 ans (après un contrat d’un an (terminé) et 1 mois de vacances top avec des amis : ma vie est vraiment bien engagée !!!), en rentrant d’une soirée, une voiture m’a renversé (ainsi qu’une jeune femme qui en est morte).

    Multiples lésions mais principalement, une grosse entorse du genou (3 nouveaux ligaments aujourd’hui), et un traumatisme crânien !

    Chamboulements dans ma vie :
    -> Sportivement/Socialement : j’étais un bon joueur de foot, bon en course à pied, je m’occupais d’une équipe de foot féminine, j’étais vice-président de mon club, investit dans la vie associative… Suite à un an d’hospitalisation et un genou inapte, je me suis complètement détaché du foot, je cours beaucoup moins bien, ma vie associative c’est le néant … Comme vous pouvez l’imaginez, socialement, j’ai le sentiment de vivre reclus aujourd’hui (je rumine beaucoup).
    -> Professionnellement : je ne sais pas si je peux refaire ce que je faisais avant et après trois ans d’inactivité, c’est compliqué de s’évaluer sachant que ma situation « pourrie » est omniprésente dans ma tête (difficile de savoir si je peux prétendre au même poste qu’avant) !

    Récapitulatif : professionnellement, sportivement et donc socialement c’est très compliqué et je n’arrive pas à surmonter tout cela !

    Judiciairement, le responsable a perdu son permis (peut être l’a-t-il récupéré depuis), il a eu plusieurs « petites » amendes (conduite en état d’ivresse, trop vite, voiture non homologuée…), et du sursis !

    Par rapport à ma situation et ce qu’il a fait (pour une petite sanction à mon sens), je n’arrive pas à avancer et j’ai un sentiment d’injustice qui me mine ! Par exemple, je vous écris ce mot alors que je devrais être en train de « travailler » pour évaluer ma possibilité de retravailler !

    Puis-je avoir des conseils ?

    Merci

    • Tefide janvier 12, 2017 at 5:29 #

      Si tu as besoin d’une ecoute ou d’un soutien je serai ravie d’etre a t côté

  4. Azmir Huseinovic mars 17, 2016 at 10:25 #

    Salut à tous,

    je suis tombé sur ce site en cherchant à apaiser ma colère suite à un documentaire sur une bien pire injustice que celle que vous décrivez ici.

    Vous parlez d’injustice à titre personnel, c’est une question sur laquelle je me suis penché il y a des années maintenant et vos réponses à ce sujet sont bien justes, il suffit de se poser la question  » Qui est vraiment responsable de ma vie? » et de prendre les événements qui sont survenu dans votre vie d’une manière positive: Que puis-je en retirer de bénéfique plustot que de m’apitoyer sur mon sort. Agir avec compassion est aussi une clef vers votre bonheur…

    Mais ce qui me tracasse ce soir c’est ce reportage sur les enfants(8-10ans) du Pakistan qui sont prostitués, violés et sont complètement démunis par ce problème qui semble normal aux yeux des autochtones et autorités locales. Ce reportage m’as terriblement touché et une grande frustration se noue dans mon ventre face à tant d’injustice humaine.

    J’ai fait un petit don à Enfants du Monde mais ça ne suffit pas à me faire trouver le sommeil…

    et ‘arrêter de vous plaindre car il y a bien pire situation que celle que vous vivez.

  5. zekiel janvier 7, 2016 at 5:26 #

    ahhh si tout était si simple…. comment faire face alors à diverses harcèlements….

  6. Vincent décembre 23, 2012 at 11:36 #

    Encore merci pour ce bel article !!

    Ton site est une mine d’or, sincèrement. Je commence à le diffuser autour de moi.

    Cependant deux interrogations, Râler ne serait-il pas un moyen de parler avec autrui ? Ne permet-il pas de parler (pour rien dire, certes) mais donc d’exister ?

    Enfin, petit clin d’œil pour les ruminations, si tu à d’autres conseils pour passer outre je suis preneur ;)

    Je te souhaite de très bonne fête de fin d’année Andry

    • Andry décembre 24, 2012 at 2:42 #

      Merci de qualifier mon blog de « mine d’or » Vincent ! Sacré compliment :)

      Alors pour ta question, tu as raison dans la mesure où tu rales avec humour, c’est à dire que tu râles sans gaspiller ton énergie (je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire).
      Tu vois, comme pour des petites broutilles rigolotes (donc des choses très légères). Par contre, si tu râles dans un embouteillage, dans une file d’attente, etc, ça te pompe ton énergie.

      Il faut se souvenir que râler, c’est un changement d' »état ». Et que le but de chaque être humain, c’est d’être dans son meilleur « état » le plus souvent possible (positif, enthousiaste, énergique,etc.) !
      Donc, je pense qu’il y a sûrement d’autres moyens (plus productifs) de se sentir en vie que de râler :) (acceptation radicale de la situation, recentrer sur le moment présent, etc.)

      Passe d’excellentes fêtes Vincent! Et encore merci pour ton engagement!

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